Les chapelets des pèlerins du monde
Les chemins de la connaissance
Depuis l’antiquité, le chapelet est utilisé partout dans le monde comme procédé mnémonique. C'est un moyen de prière utilisé dans différentes religions. Il existait dans l'hindouisme et le bouddhisme bien avant d’être connu en Occident. L'usage d'un "rosaire" (ou chapelet) pour prier serait apparemment une invention indienne et remonte à la plus haute antiquité. On en faisait avec des fleurs qui se flétrissaient au toucher et ne pouvaient servir qu’une fois. Le Mala est le rosaire du bouddhiste. Ce mot signifie en sanskrit « collier de fleurs » ou « guirlande de perles ». Il s’agit d’un chapelet regroupant 108 perles, symbolisant les 108 épreuves qu’a subi le Bouddha pour atteindre l’illumination ou encore les 108 passions que doit surmonter le fidèle afin de se rapprocher de son idéal de méditation et d’ascétisme. En Inde cette forme de dévotion serait pratiquée depuis le Vème siècle avant Jésus-Christ. Le plus souvent porté en collier, sa forme et sa matière changent suivant les sectes qui l’emploient. En Orient, les anachorètes chrétiens se servaient de petits globules de pierre ou de bois pour compter le nombre de leurs prières vocales. L’historien Palladius nous parle d’un solitaire nommé Paul qui avait coutume de tenir en son sein trois cents petits cailloux et en jetait un chaque fois qu’il avait récité une prière. L’origine du mot français chapelet vient de « Chapel » qui désigne une ancienne forme de chapeau. Au moyen-âge, l’habitude voulait que l’on se couvre la tête d’une couronne de fleurs dans les réceptions solennelles et les processions. A cette époque où la foi était très vive, chaque maison possédait une statuette de la Vierge, sur la tête de laquelle on posait une couronne ou « chapel » de roses. A la prière du soir, on avait pour coutume de réciter une prière sur chaque fleur. En raison de son manque de commodité, on imagina d’enfiler sur une tresse, des grains de bois ou de métal qui remplacèrent les fleurs auquel on donna le nom de Chapelet « Petit Chapel ». Appelé aussi « Paternoster » puis PATENOTRE, il donna son nom aux fabricants de Chapelets. C’est Sainte Brigitte (VIème siècle) patronne de l’Irlande, qui aurait organisé sur ces grains la récitation des prières les plus courantes : le Pater et l’Ave. Sa pratique fut répandue avec les croisades, comme prière mariale (XIème siècle). Les musulmans se servent d'un Tasbih, chapelet de 99 grains correspondant aux différents noms donnés à Dieu dans le Coran. Cette pratique trouve son fondement dans l’usage de certains compagnons du Prophète qui auraient utilisé des cailloux ou noyaux de dattes. Les ulémas soutiennent qu’il est permis d’utiliser le chapelet, mais disent parfois que le recours à la main droite est préférable « Comptez les invocations avec vos doigts car ils vont être interrogés et vont témoigner de cela (Le Jour Dernier) ». D’autres estiment que l’usage du chapelet relève de l’innovation (bid’a). D’autres encore redoutent que cette pratique conduise à de l’ostentation ou de l’hypocrisie car il est aisé de se laisser distraire (les Protestants refusent le chapelet pour ces raisons). Il y a donc débat sur son usage. En Afrique, les mahométans se servent aussi de chapelets ; ils prononcent le nom des attributs d’Allah en faisant glisser les grains entre leurs doigts. Ils considèrent que la prière est dite automatiquement quand le grain de chapelet file entre les doigts ; ils récitent souvent une formule à chaque passage d’un grain " Dieu est grand ". Clara Landry
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